Second volume de la mini-série des
Chronicles,
Resident Evil DarkSide
Chronicles pointe le bout de son flingue sur la
Wii de
Nintendo en cette fin d'année 2009. L'occasion de faire un
joli cadeau de noël aux malheureux inconditionnels qui n'auraient
pas encore pu s'y essayer, et qui, avant de pouvoir découvrir ce
nouveau jeu de tir revenant sur deux des épisodes les plus cultes
de la saga de Capcom, doivent trépigner d'impatience. Une
impatience somme toute justifiée! Explications.
Piqûre de
rappel (sans efficacité contre la
grippe A)
Un petit rappel d'impose pour ceux qui auraient du mal à suivre les
nombreuses déclinaisons que connaît aujourd'hui le virus nommé
Resident Evil.
Il y a la série officielle, qui comprend Resident Evil Ø, 1, 2, 3
Nemesis, 4 et 5 ainsi que Code Veronica. Se reporter aux tests
présents sur ce site pour plus d'informations.
Puis il y a les "Gun Survivor", qui sont des jeux de shoot en vue
subjective, dont un épisode a vu le jour sur la PlayStation
1, puis deux sur la PS2 (Code Veronica
Survivor et Dead Aim).
Les Chronicles, eux,
s'orientent sur le rail-shooter, qui sont également des jeux de
tir, mais où la progression est générée automatiquement : tout ce
que le joueur a à faire est de déplacer son curseur pour viser au
mieux les créatures qui viennent l'agresser. Et dans cette
catégorie, il y a eu The Umbrella
Chronicles (RETUC pour les intimes) sur la
Wii, et aujourd'hui The
DarkSide Chronicles sur la même machine.
En dehors du fun dégagé par ce type de gameplay épuré à l'extrême,
ils font office de résumé complet de la saga. The Umbrella
Chronicles se chargeait de reprendre les trames de Resident Evil Ø,
1 et 3, celles de Resident Evil 2 et Code Veronica étant réservées
à ce tout nouveau DarkSide
Chronicles, qui nous intéresse ici,
aujourd'hui.
Il y a aussi les Outbreak, mais ceci est une autre
histoire. Se reporter également au test du premier Outbreak dans la
catégorie "les hors-série".

Krauser a un profil
étrangement ressemblant
à celui de
Charlton Heston...
Les zombies sont nos amis, il faut les shooter
aussi
Disons-le tout net, là où
The Umbrella
Chonicles échouait à nous proposer un segment
inédit digne d'intérêt, The DarkSide
Chronicles ouvre son bal macabre avec son inédit à
lui, Opération Javier, bien plus abouti à tous
niveaux.
Opération Javier verra ses chapitres disséminés tout le
long du jeu, servant ainsi de fil conducteur à la narration. On y
découvre le partenariat entre Leon et Krauser au cours d'une mission en Amérique du
Sud, quelques années avant le déroulement de Resident Evil
4 (dans lequel on retrouve ces personnages, mais ennemis
ce coup-ci).
Et c'est avec délectation, qu'on replonge dans ces
événements qui ont marqué les mémoires, entre
l'infection de la population de Raccoon
City pour RE2, et la quête de Claire Redfield pour retrouver son frère
Chris disparu, pour Code Veronica.
Un premier constat s'impose : DakSide est plus percutant que son
aîné, grâce à une caméra dynamique style reportage (très en vogue)
qui amortit l'effet "rail", des ennemis plus réactifs, une mise en
scène générale plus nerveuse, et un level design sans doute mieux
pensé.
Les amateurs retrouveront vite leurs marques, la maniabilité restant dans les grandes lignes la
même que sur The Umbrella Chronicles, mais en bien plus souple. On shoote
les ennemis à vue, sachant que les headshots (désormais plus
accessibles) rapportent davantage de points, points qui serviront à
gagner de l'argent pour améliorer les différentes armes du
jeu.
Une customisation d'ailleurs beaucoup
plus détaillée et concrète sur ce volet.
Pour améliorer son butin, comme d'habitude, on s'éclatera à
défoncer mobiliers et luminaires autour de soi. Ces "exactions"
sont d'ailleurs plus souvent récompensées sur DarkSide que sur son
prédécesseur, ce qui est une très bonne chose!..
Quelques améliorations font une
entrée remarquée, comme l'apparition de
son arme à l'écran quand on recharge (excellent, ça :
ça donne du corps) et le stick directionnel (ou la croix,
mais c'est moins pratique) mis à
contribution pour disposer son arsenal.
Ce dernier point est plus qu'appréciable, comparativement à
l'obligation de passer tout l'arsenal en revue pour atteindre
l'arme de son choix, comme c'était le cas sur RETUC. Certes,
on ne pourra plus de ce fait décaler la vue à droite ou à gauche,
mais il faut bien reconnaître que ça ne servait pas à grand
chose.
Par ailleurs,
l'intégralité de l'arsenal est désormais accessible à tout
moment du jeu, le joueur ayant ainsi la possibilité de
changer son équipement létal en cours de mission. Infiniment plus
confortable que la contrainte imposée par The Umbrella Chroniclesde
se contenter de l'arme choisie en début de mission, quoiqu'il
arrive.
Enfin, les herbes vertes récupérées en cours de mission sont maintenant stockées et utilisables sur décision du joueur.
The DarkSide
Chronicles est ainsi beaucoup plus souple dans sa
maniabilité que ne l'était The Umbrella Chronicles, pour laisser
davantage s'épanouir le fun.
Raccoon / Rockfort : 1
partout la balle au ventre

Les scénarios originaux de RE2 et Code Veronica sont bien respectés et résumés de manière tout-à-fait honnête. L'histoire se suit bien, reste toujours aussi passionnante et les cinématiques sont encore une fois très réussies, avec des personnages superbes et impeccablement retravaillés.
Comme les épisodes cités sont moins nombreux que sur le premier
opus, les développeurs ont pu s'attarder un peu plus en peaufinant
davantage les segments, qui comptent désormais 7 à 8 chapitres, en
lieu et place des trois de The Umbrella
Chronicles.
Quelques libertés sont quand même
prises, très souvent pour justifier la présence permanente d'un
binôme à l'écran et donc le mode deux joueurs. Rien de bien méchant
cependant, tant est grand le plaisir de
retrouver sous un jour nouveau ces lieux emblématiques, ces
séquences-cultes, et tous ces personnages
marquants.
Il faudra aussi s'attendre,
résumé oblige, à de bons gros raccourcis, ce qui en frustrera sans
doute quelques uns, se désolant par exemple de l'absence du combat
contre Alexia dans le hall du manoir, ou d'un Brian Irons très
furtif, presque insignifiant.
Mais là non plus, pas de quoi hurler à la trahison pour
autant.
Ce qui compte est présent, avec cette
ferveur qu'on ressent à enchaîner les niveaux, à toujours vouloir
en voir plus. The
DarkSide Chronicles comble le fanboy et
se révèle en bout de course beaucoup plus
homogène et abouti que son prédécesseur. On se souvient
en effet d'un The Umbrella Chronicles bancal, qui,
après avoir si bien restitué les épisodes Ø et 1, devenait
subitement lassant et rébarbatif, voire carrément bâclé.
The DarkSide
Chronicles, lui, apporte du fun de bout en bout, et
jouit d'une qualité constante. On ne peut que l'en féliciter.
Il est
donc prenant, sacrément plaisant, jouissif et remplit donc bien son
contrat.
The DarkSide
Chronicles est aussi plus gore que son aîné : là où
un headshot dévoilait auparavant un pudique filet de sang,
à présent l'hémoglobine éclabousse
jusqu'à la caméra! Ce n'est pas une fin en
soi, mais c'est déjà plus en adéquation avec le genre et plus fun
aussi.
On notera enfin un réel effort fourni sur
la partition musicale, avec de bonnes reprises des
thèmes originaux, et des inédits plus ou moins efficaces. Si aucune
piste ne restera gravée en mémoire, elles ont néanmoins le très
grand mérite de toujours rester dans le ton, contrairement à celles
de The Umbrella Chronicles, qui alternaient entre
franches réussites et soupes indigestes.

L'amour, les ptits
zoiseaux, des conneries comme ça, quoi (copyright
Coluche)
Le jeu a beau avoir redressé la barre d'un premier volet inégal, il
n'en conserve pas moins quelques carences plus ou moins
dérangeantes.
Le plus
regrettable concerne l'absence de scénarios parallèles à débloquer,
qui était l'un des plus gros atouts de The Umbrella
Chronicles, et où l'on pouvait explorer les coulisses
des événements majeurs en dévoilant pour l'occasion l'itinéraire
des personnages secondaires.
On espérait tout de même un minimum de ce côté pour ce nouvel opus,
d'autant que les épisodes repris y sont moins nombreux.
Malheureusement, rien de tout ça dans The DarkSide Chronicles. Quel
dommage!
Même remarque pour les embranchements secrets, auxquels on avait
parfois droit en tirant dans une porte, et qui ici répondent
désespérément... absents. On a bien des choix d'itinéraires sur
certains niveaux, mais aucun n'est secret, à découvrir au fil de
ses passages. Encore dommage, ça mettait un peu de sel.
On constate aussi à quel point les menus
principaux sont fades, sans âme, alors que ceux de son
prédécesseur avaient de la gueule et s'illustraient d'un thème
agréable. Dur!
Et que dire de cette baisse
brutale de la qualité visuelle sur le niveau des égouts de RE2!
C'est flou, les couleurs bavent, c'est visuellement crade sans pour
autant correspondre à un parti-pris artistique.
Heureusement, ce sera le seul chapitre à voir sa qualité
graphique à ce point dégradée.
Car sur le reste du jeu, si on remarque quelques effets
désagréables comme des couleurs parfois ternes, des ombres qui
clignotent au sol ou des effets de textures qui bougent d'un seul
tenant sur tout le décor(comme si l'environnement était fait d'un
seul bloc), la patte graphique reste plus qu'honorable, sachant que
nous sommes sur Wii.
Un défaut commun cependant, avec cette caméra qui s'attarde sur une
portion de décor le temps d'un dialogue entre les protagonistes, ce
qui freine le plaisir et l'action. Défaut accentué ici par ces
séquences caméra à l'épaule très péchues. Heureusement, ces
séquences sont souvent zappables une fois le niveau bouclé.
Les QTE
sont peu fréquents, et surtout réservés aux boss. Quand
il y en a avec des zombies, ceux-ci ne
sont pas instantanés, mais n'apparaissent qu'après un temps de
latence qui casse le rythme. Pas très heureux.
Les dialogues ont aussi bénéficié de peu de soins, s'avérant
parfois redondants ("c'est trop calme, par ici"), parfois carrément
ridicules ( Claire : "qu'est-ce que c'est que cette créature, mon
Dieu?" Leon, blindé d'un esprit de déduction qui laisserait
pantois Sherlock Holmes en personne : "c'est un MONSTRE!").
D'ailleurs, pour ceux qui veulent suivre l'histoire, il faudra passer outre certaines traductions
lamentablement foireuses, notamment lors des passages
de transition en voix-off, qui relèvent du traducteur automatique
internet en mode mot à mot! Heureusement, ça n'entame pas la
compréhension globale.
Et pour conclure ce cahier des
charges, le fait de résumer les histoires au plus court est une
bonne chose pour la compréhension générale, mais ça fait aussi
ressortir les défauts, comme par exemple le fait de recaser
systématiquement (ou presque) une histoire de sentiments mielleuse
dès qu'un homme et une femme apparaissent dans un même scénario. On
frôle souvent le mièvre, sans doute destiné à compenser l'horreur
des événements, mais tout ça manque singulièrement de
subtilité.
On en vient d'ailleurs à se demander comment ont pu être épargnés
Jill et Chris depuis toutes ces années, et pourquoi pas imaginer un
amour impossible entre Jill et le Nemesis!
Resident Evil : un virus
tenace à multiples mutations

Dans le test de The Umbrella Chronicles (s'y
reporter pour plus de précisions), il était dit que ce
The DarkSide
Chronicles s'annonçait bien. Et force est de
constater qu'il jouit effectivement d'une qualité globale bien plus
homogène que son inégal prédécesseur. Même son segment inédit est soigné et sert de lien
narratif entre les épisodes, dévoilant pour la plus
grande joie des fans le lien qui unissait Leon et Krauser avant de
devenir ennemis.
Le bonheur de visiter les passages
d'anthologie d'épisodes connus (ici RE2 et Code Veronica) sous un
jour nouveau est encore de mise sur ce volet : les
inconditionnels seront émus de retrouver ce bon vieux commissariat
de Raccoon ou le palais de l'île de Rockfort, mais pourront en
revanche se désoler de certains raccourcis ou de certaines libertés
prises avec les scénarios originaux, sans pour autant que celles-ci
soient rédhibitoires.

Il est vrai que ce nouveau Chronicles n'a pas que des qualités, à
commencer par l'absence de scénarios
parallèles qui avaient fait une bonne partie de
l'intérêt de The Umbrella Chronicles. Très regrettable.
Son menu principal a aussi beaucoup moins de charme, les QTE sont
moins nombreux et peu convaincants, enfin la customisation des
armes est encore plus onéreuse qu'auparavant.
Mais ça n'atteint pas le plaisir de jeu, qui répond présent du
début à la fin, avec des zombies plus réactifs et une action
soutenue sachant réussir ses quelques effets de surprise.
Un concept ultra-limité, certes, une
liberté d'action bridée, certes, mais il s'agit au final d'un
excellent rail-shooter, de ces jeux dont on n'attend à priori pas
grand chose mais qui développent rapidement auprès du joueur une
bonne dépendance, notamment auprès des fans bien
sûr.

La mini-série des Chronicles gagne en qualité et procure toujours
son petit effet, y revenir encore et toujours n'étant clairement
pas un problème, bien au contraire!. S'il doit y avoir un prochain
volume(et on peut parier ici que ce sera le cas), il reprendra les
épisodes 4 et 5... de quoi rêver, non?
En attendant, The DarkSide
Chronicles possède un super pouvoir ludique
indéniable, il est prenant, jouissif et
se révèle au final être un incontournable pour les fans de Resident
Evil (même s'il n'honore pas réellement l'atmosphère initiale des
jeux officiels) aussi bien que pour les amateurs de
shoot.
On pourra toujours s'indigner qu'un concept comme Resident
Evil, à la base taillé pour mélanger l'action et
l'aventure, se soit vu réduit à son expression la plus primaire, il
n'empêche que The DarkSide
Chronicles continue de fonctionner à pleins tubes
de par ses hautes vertus ludiques. La magie opère toujours et on en
redemande!
En cette année 2001,
nous avons vu passer pratiquement le meilleur de la saga de Capcom
quand sort sur GameBoy cet étonnant Gaiden, juste après
l'excellent cru Code Veronica, sur 128
bits.
L'idée de retrouver le cultissime
Barry
Burton, coéquipier de Jill Valentine dans l'épisode-fondateur,
est sans doute ce qu'il y a de plus excitant dans ce Gaiden, d'autant qu'il
devient ici parfaitement jouable.
Graphiquement, le jeu est laid et sans
charme, avec des environnements trop primaires et des sprites
méconnaissables (ah bon? C'est Barry, ça?).
Notre personnage peut en effet se
servir de son arme à distance, mais dès que les ennemis
s'approchent un peu trop (ce qui arrive 9 fois sur 10, car ils sont
assez résistants), on bascule en vue subjective, où l'on peut voir
les créatures s'approcher peu à peu, avec au bas de l'écran un
curseur qui défile de gauche à droite et de droite à gauche.
Les productions en marge, plus humbles,
peuvent posséder leur cachet, avoir un charme pas possible à défaut
d'une réalisation qui colle le vertige. Mais ce ne sera
malheureusement pas le cas de ce Gaiden,
trop insipide à tous niveaux.
Dans sa très vénale
politique de recyclage, Capcom nous offre sur Wii un portage du remake d'un jeu
original appelé Resident
Evil.
.. c'est là que tout commence, en effet.
Du moins dans le scénario du tout premier Resident Evil, qui sort en août
1996, il y a tout
juste 13 ans, pratiquement jour pour jour.
Cette mouture est tout simplement une tuerie à
tous niveaux, une franche réussite, si aboutie qu'elle devient
instantanément un grand classique du survival sur
consoles.
Les mordus auront espéré jusqu'au bout
une édition remaniée spécifiquement pour la Wii, à l'image
de la version DS Deadly
Silence, voir test), avec des énigmes retouchées pour
mettre à profit les fonctionnalités de la console.
Les inconditionnels se
souviendront en effet de cette salle des machines, à proximité du
laboratoire, vers la fin du jeu.
Mystère... c'est carrément inexplicable,
et c'est aussi valable pour le labo du Tyrant, où les crachotements
des téléscripteurs sont devenus subitement tout aussi muets.
Sur celle-ci, on aura au moins
le plaisir d'effectuer les
demis-tours rapides sur une simple pression de la touche
C du nunchuck, merci pour la souplesse, et le
détecteur de mouvements permettra en outre au joueur de
pointer sa wiimote vers l'écran pour
mettre son personnage en joue, prêt à faire
feu.
Dans le même ordre d'idées, la
possibilité de jouer au jeu version GameCube sur
Wii est certes une réalité, mais aussi une certaine
contrainte : il convient d'allumer sa console, d'accéder au jeu
avec la wiimote pour après faire le changement avec la manette
gamecube. Plutôt irritant, à la longue, si on ne dispose pas d'un
GameCube chez soi.
Enfin, il convient de rappeler que si le
portage est critiquable, le soft en lui-même l'est infiniment
moins, car il s'agit d'un chef-d'oeuvre du jeu vidéo, une expérience immersive comme on en a finalement
peu. (se reporter au test Rebirth, pour rappel)


Sans entrer dans le débat, cette
première bande-annonce augure pourtant du meilleur au niveau du jeu
pur, avec un Chris
désespérément seul, face à une horde d'autochtones survoltés et
ultra-agressifs. C'est nerveux,
violent et terriblement stressant, du tout bon à
condition d'avoir digéré la tournure résolument action de la
saga.
Les commandes de base ne sont certes pas
super intuitives, mais quatre configurations sont disponibles. J'ai
opté pour la C, qui
reprend grosso modo la maniabilité RE4, avec
un staff latéral
intégré.
Car si Resident Evil 4 avait
mis les pieds dans le plat, Resident
Evil 5 s'y vautre, en s'affranchissant
définitivement des inspirations horrifiques de la saga pour lorgner
sévère du côté du blockbuster
hollywoodien à grands renforts d'action épileptique à grand
spectacle, et d'effets pyrotechniques qui en
mettent plein la vue.
Les ennemis sont innombrables et
arrivent par torrents, de partout.
La gestion du partenariat avait de quoi
inquiéter, alliée à un inventaire qui se gère désormais en temps
réel, ne mettant plus l'action en
pause.
Heureusement, et contrairement à tout ce qu'on
peut en dire, on s'en sort pas mal et Sheva sait faire preuve d'initiative, réagit bien
les 3/4 du temps.
Il faut être honnête et admettre que
la modélisation des personnages est
remarquable, et certains décors valent tout de même
le coup d'oeil, à l'image du bidonville du début, vraiment bien restitué (sans
aucun doute la meilleure portion du jeu à tous
niveaux), ou ce bateau échoué à quelques mètres du
port, le village africain sous la pluie, ces bocaux de fleurs dans
le laboratoire, ou même ces effets
d'explosion excellents... mais dans l'ensemble, le
graphisme est un peu trop propre, trop polissé, dégagé de toutes
ces aspérités qui conféraient un charme incontestable aux volets
précédents, où chaque chaise, chaque table dégageait une aura
gothique et glauque qui a quelque peu disparu
ici.
Certains trouveront que ceci n'est que
chipotage, et ils auront peut-être raison, mais la perte d'ambiance
est déjà amorcée par ces graphismes trop proprets, couplée à une
édulcoration de l'aspect
gore. D'autant plus surprenant pour une licence qui
a grandement contribué à incorporer l'horreur dans le jeu
vidéo.

Juste avant ça, on aura fait un court passage
au fond de grottes ténébreuses qui semble plus axé sur l'ambiance,
et on traversera également une cité en ruines, un lieu de culte
ancestral où on devra résoudre quelques "énigmes
solaires".

Boum! Les choses se
gâtent sévèrement dès le cinquième chapitre, où l'on devra faire
face à des mercenaires très
lourdement armés, et capables de prouesses physiques, comme la
possibilité d'effectuer des roulades, chose qui nous est tout
simplement interdite. 
Les personnages eux-mêmes sont plus que jamais
des poncifs sur deux pattes : Chris le musculeux plein d'états d'âme
(merci à mon ami Jean-Claude qui m'a tout appris),
Jill devenue
inexplicablement blonde (la peur, peut-être) et totalement
insignifiante, Spencer totalement survolé également, et enfin un
Wesker décrédibilisé,
qui torpille son charisme à coups d'acrobaties à la
Matrix, sombrant dans un sordide ridicule. Les fans du
personnages crient souvent au scandale à ce
propos.
On regrettera aussi le fameux Dr
Salvatore et sa tronçonneuse espagnole, infiniment plus
dangereux que les tronçonneurs Noirs de RE5, mais aussi et surtout les mises à
mort spectaculaires auxquelles ce pauvre Leon pouvait
avoir droit dans RE4.
Car en dehors de ça, l'absence totale de nappes atmosphériques
pour souligner les moments d'exploration est à déplorer, comme dans
les mines, les marais et la cité en ruine
Les premiers
chapitres sont certes de vastes défouloirs qui font
plaisir, mais les derniers niveaux puent trop la
déception. La conclusion se tire alors
d'elle-même,le gameplay pataud
n'étant plus trop adapté au style super nerveux qu'a adopté la
saga.
C'est de notoriété
publique, quand Capcom tient un filon, il l'use jusqu'à
écoeurement. C'est ce qui est en train de se passer avec la licence
Resident Evil
déclinée à toutes les sauces, de la plus pimentée à la plus
fadasse. The Umbrella
Chronicles se voit ainsi réduit à un simple jeu de
tir. A quand Resident Evil Karting, Resident Evil
dresse ton poney et Resident Evil Dance Floor?
Nous sommes ici en présence
d'un shoot sur rails,
à savoir un jeu où la seule liberté dont vous disposez est de
déplacer un curseur à l'écran pour bien viser les ennemis qui vont
vous faire face, afin de les buter, évidemment.
Il sera donc décomposé
en quatre grands
chapitres : le déraillement du train Ecliptic
Express (REØ), l'incident du manoir
Spencer (RE1 ou Rebirth), la chute de
Raccoon City (RE3), le dernier
chapitre étant un inédit censé couvrir la chute de l'Umbrella
Corp.
Ces quatre grands chapitres seront eux-mêmes
déclinés en sous-scénarios à
débloquer au fur et à mesure, qui nous dévoileront
les coulisses de ces mêmes événements, en incarnant
Rebecca
Chambers, Albert
Wesker, Ada Wong...etc... Idée très stimulante qui
donne un peu de piment à l'ensemble. Y a pas à dire : ça fait super
plaisir!
Barry, personnages
culte du premier épisode, a été purement et simplement zappé. Là,
Capcom a loupé le coche, parce que s'ils avaient proposé un scénario parallèle où
l'on incarnait Barry, ça aurait fait quelques
heureux, je vous le dis!
Graphiquement, le titre s'en tire plutôt bien,
à reproduire les environnements de jeux aussi superbes que
REØ ou Rebirth,
en 3D. Ce n'est pas aussi joli que le précalculé, mais ça tient la
route. D'ailleurs, les inconditionnels de la première heure vont
s'émouvoir de pouvoir visiter le
manoir Spencer sous un jour nouveau (et je
sais de quoi je parle!). 
Les choses commencent à se gâter dès qu'on
entame le chapitre consacré à Resident
Evil3.
Ça pourrait être une bonne chose si le fun ne
commençait pas à déserter furtivement, l'air de
rien. On shoote, on avance, on shoote, game over, on recommence à
shooter, les créatures ne se décident pas à crever, on appuie sur
la gachette tant et plus... C'est un défaut inhérent au genre,
certes, mais qui a la fâcheuse manie d'engendrer la
lassitude. Lassitude accentuée par la position hybride du
soft, à mi-chemin entre le jeu d'horreur où l'on mijote des moments
de suspense (qui tombent ici à plat) et le shoot avec sa dose
d'action.
Des personnages secondaires ratés font leur
apparition à l'instar de ce Sergeï, qui fait tâche : avec sa
mèche sur-dimensionnée et sa lame démesurée, il semble être en
provenance directe d'un Final
Fantasy.
Côté son, ce n'est pas trop la panacée non
plus. Certains thèmes parviennent à tirer leur épingle du jeu (un
thème repris de REØ, le thème du manoir
sympa, le save room nouvelle version pour les résultats, et un ou
deux autres), mais les autres sonnent techno de bas étage ou
"ascenseur-salle d'attente chez mon proctologue" , faisant un peu injure à la qualité musicale de l'ensemble
de la saga.
Il faut prendre The Umbrella Chronicles pour ce
qu'il est : un jeu bien sympathique où l'on s'amuse à dégommer du
zombie et autre chair pas fraîche, et qui fonctionne grâce au
charisme de l'univers Resident
Evil. Il fait vraiment
plaisir aux fans en revisitant des lieux mythiques
comme le manoir Spencer, ici en 3D.
Il
faudrait quand même que Capcom perde cette avidité du profit, afin
de ne pas trop diluer son mythe dans des fanges de plus en plus
douteuses.

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