C'est de notoriété
publique, quand Capcom tient un filon, il l'use jusqu'à
écoeurement. C'est ce qui est en train de se passer avec la licence
Resident Evil
déclinée à toutes les sauces, de la plus pimentée à la plus
fadasse. The Umbrella
Chronicles se voit ainsi réduit à un simple jeu de
tir. A quand Resident Evil Karting, Resident Evil
dresse ton poney et Resident Evil Dance Floor?
Heureusement, nous n'en sommes pas encore là, alors voyons ce qu'il y a à sauver de ce The Umbrella Chronicles...
Le pti train qui part dans la montagneu (Arklay)
Nous sommes ici en présence
d'un shoot sur rails,
à savoir un jeu où la seule liberté dont vous disposez est de
déplacer un curseur à l'écran pour bien viser les ennemis qui vont
vous faire face, afin de les buter, évidemment.
Vos déplacements seront générés par le jeu, vous ne choisirez jamais où aller.
C'est un peu le principe du train fantôme, mais avec des Uzzi à la main, quoi.

Donc pour ce Resident Evil, vous oubliez l'aventure, la gestion, l'exploration et les énigmes : ici, on se laisse guider et on flingue sans autre forme de procès.
Pourquoi alors n'est-il pas considéré comme un produit dérivé?
Tout simplement parce qu'il se charge de résumer toute l'histoire de Umbrella Corporation (la société pharmaceutique à la base de tout), en re-visitant dans les grandes lignes les événements décrits lors des épisodes officiels.
Il sera donc décomposé
en quatre grands
chapitres : le déraillement du train Ecliptic
Express (REØ), l'incident du manoir
Spencer (RE1 ou Rebirth), la chute de
Raccoon City (RE3), le dernier
chapitre étant un inédit censé couvrir la chute de l'Umbrella
Corp.
Ces quatre grands chapitres seront eux-mêmes
déclinés en sous-scénarios à
débloquer au fur et à mesure, qui nous dévoileront
les coulisses de ces mêmes événements, en incarnant
Rebecca
Chambers, Albert
Wesker, Ada Wong...etc... Idée très stimulante qui
donne un peu de piment à l'ensemble. Y a pas à dire : ça fait super
plaisir!
Le résumé est vraiment très bien fait, et l'avantage de réduire le concept à son expression la plus primitive est de pouvoir bien suivre l'histoire sans perdre le fil. Encore un bon point.
D'ailleurs, pour une compréhension optimale, des documents sont cachés un peu partout dans les décors, il conviendra d'exploser une bonne partie du mobilier pour les dégoter (mais qui a eu l'idée de planquer ce dossier dans ma lampe de chevet?).
Certaines portes peuvent aussi se détruire pour révéler quelques courts passages secrets.

Donc n'hésitez pas à être bien bourrin pour pouvoir profiter de tout. Ici, on ne vous demandera jamais d'être subtil, juste de shooter.
Et ça fonctionne dans un premier temps...
Les zombies aussi, peuvent choper Alzheimer!
Avant de poursuivre plus avant, sachez que pas mal de petites choses sont passées à la trappe. Je veux bien prendre en compte le fait que ce soit un résumé, mais tout de même...
Barry, personnages
culte du premier épisode, a été purement et simplement zappé. Là,
Capcom a loupé le coche, parce que s'ils avaient proposé un scénario parallèle où
l'on incarnait Barry, ça aurait fait quelques
heureux, je vous le dis!
Depuis le temps qu'on rêve de pouvoir l'incarner, ce brave Barry, sous de meilleurs horizons que le désastreux RE Gaiden paru sur Game Boy Color.
Ça ne sera pas pour ce coup-ci et c'est frustrant!
Mais ce qui surprendra le plus, c'est l'absence des épisodes RE2 et Code Veronica dans l'historique total. Ça manque cruellement sur ce The Umbrella Chronicles!
Qu'on se rassure, Capcom a tout prévu et s'apprête à sortir un Umbrella Chronicles 2 sous le titre Dark Side Chronicles, qui reprendra ces épisodes laissés pour compte.
Il a l'air d'ailleurs de s'annoncer plutôt bien.
Mais revenons à nos moutons zombifiés...
Jusqu'ici, tout va bien...

Je ne vous le cacherai pas, c'est un réel plaisir que de retraverser des lieux mythiques comme le centre de formation de REØ ou le manoir Spencer de RE1.
L'univers, l'ambiance et le scénario sont suffisamment bien restitués pour que la magie opère malgré le bourrinage.
Le shoot de zombies, après tout, c'est toujours super agréable et c'est pas interdit par la loi.
Graphiquement, le titre s'en tire plutôt bien,
à reproduire les environnements de jeux aussi superbes que
REØ ou Rebirth,
en 3D. Ce n'est pas aussi joli que le précalculé, mais ça tient la
route. D'ailleurs, les inconditionnels de la première heure vont
s'émouvoir de pouvoir visiter le
manoir Spencer sous un jour nouveau (et je
sais de quoi je parle!).
Visiter étant un bien grand mot, puisque tout est résumé, comme on a pu le voir plus haut.
Dans The Umbrella Chronicles, vos scores vous serviront à obtenir des rangs et des étoiles qui vous permettront d'acheter et upgrader vos armes à chaque début de stage. Le challenge n'est d'ailleurs pas si évident qu'il n'y paraît au premier abord.
On vous poussera à effectuer des headshots pour de meilleurs résultats, or ceux-ci sont tout sauf simples à réaliser sur des cibles en mouvement continuel, trébuchant sans cesse comme les zombies.

En dehors de ça, la maniabilité s'apprivoise aisément. Quelques Quick Time Events (voir test RE4) servent ici à se dégager de l'emprise des ennemis. En réussissant ces QTE, vous déclencherez des coups spéciaux, les seuls moments (furtifs) où l'on peut apercevoir nos personnages à l'écran. Les meilleurs QTE étant réservés aux boss, contre lesquels les combats apportent une petite dose d'intensité, qui manque un peu par ailleurs.
A moins qu'elle ne se niche dans le jeu à deux, puisque RETUC est jouable à deux. Mais je ne pourrai pas vous le dire, tant je n'envisage pas un Resident Evil autrement qu'en expérience solitaire. Espérons que les commentaires ci-dessous pourront nous éclairer sur ce point.
Decrescendo
Les choses commencent à se gâter dès qu'on
entame le chapitre consacré à Resident
Evil3.
D'emblée, c'est clair : les environnements ne sont pas ceux de l'épisode officiel, mais calqués sur Outbreak. Que l'on aime ou non Outbreak, la chose est décevante quand on s'attend à retrouver ces décors familiers où rôdait l'impitoyable Nemesis.
Mais ça ne serait pas encore trop grave si on ne sentait une baisse de régime à tous niveaux. L'aspect graphique commence ici à en pâtir, c'est déjà plus grossier dans l'ensemble, dénué de ce cachet si particulier aux Resident Evil.
La difficulté s'élève brusquement, avec des zombies très nombreux (ce qui se justifie dans le scénario où une bonne partie de la population de Raccoon est infectée par le virus), mais aussi extrêmement résistants.
Ça pourrait être une bonne chose si le fun ne
commençait pas à déserter furtivement, l'air de
rien. On shoote, on avance, on shoote, game over, on recommence à
shooter, les créatures ne se décident pas à crever, on appuie sur
la gachette tant et plus... C'est un défaut inhérent au genre,
certes, mais qui a la fâcheuse manie d'engendrer la
lassitude. Lassitude accentuée par la position hybride du
soft, à mi-chemin entre le jeu d'horreur où l'on mijote des moments
de suspense (qui tombent ici à plat) et le shoot avec sa dose
d'action.
Le pire reste à venir avec ce dernier chapitre, le seul inédit de l'affaire, qui se révèle tout simplement à la ramasse aussi bien au niveau ludique, graphique que scénaristique : tout dans ce segment est si insipide qu'on n'en retiendra rien. On s'y emmerde, aucune révélation fracassante ne nous est donnée, c'est d'une platitude assez désolante.

Graphiquement, si on s'amuse au jeu
des comparaisons entre le début et la fin du soft, on notera un
réel bâclage sur la fin, d'une évidence éhontée.
Des personnages secondaires ratés font leur
apparition à l'instar de ce Sergeï, qui fait tâche : avec sa
mèche sur-dimensionnée et sa lame démesurée, il semble être en
provenance directe d'un Final
Fantasy.
Côté son, ce n'est pas trop la panacée non
plus. Certains thèmes parviennent à tirer leur épingle du jeu (un
thème repris de REØ, le thème du manoir
sympa, le save room nouvelle version pour les résultats, et un ou
deux autres), mais les autres sonnent techno de bas étage ou
"ascenseur-salle d'attente chez mon proctologue" , faisant un peu injure à la qualité musicale de l'ensemble
de la saga.
Reload!
Il faut prendre The Umbrella Chronicles pour ce
qu'il est : un jeu bien sympathique où l'on s'amuse à dégommer du
zombie et autre chair pas fraîche, et qui fonctionne grâce au
charisme de l'univers Resident
Evil. Il fait vraiment
plaisir aux fans en revisitant des lieux mythiques
comme le manoir Spencer, ici en 3D.
Il permettra également à ceux qui veulent découvrir l'histoire de la série de bien comprendre les événements dans leurs causes et conséquences, optant pour un résumé par ordre chronologique somme toute très bien foutu et riche en informations à récolter.
C'est même son point fort, avec quelques embranchements secrets et les scénarios qui explorent les coulisses des épisodes connus.
Hélas, le concept du rail shooter est beaucoup trop limité. Le plaisir s'estompe assez rapidement, et le bâclage dont fait preuve la seconde moitié du jeu jusqu'à ce chapitre final inédit (parfaitement exsangue), n'arrange rien du tout!..
The Umbrella Chronicles s'avère donc moyen, il ne faudra pas en attendre des miracles ni la haute qualité d'un Resident Evil classique.
Un pti jeu sympa dans l'univers Resident Evil, quoi...
Il
faudrait quand même que Capcom perde cette avidité du profit, afin
de ne pas trop diluer son mythe dans des fanges de plus en plus
douteuses.
C'est en les éclairant sous un jour peu flatteur que les légendes virent à l'ordinaire.
Ah, ça il faudra attendre un petit peu, puisque suis sur le jeu depuis jeudi soir.


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